Corps en arts, vie rustre

Demande d’un grand adulte blême

Ancêtres, je suis très heureux.

Je suis mort heureux.

Et j’ai beaucoup couru

Depuis les musiques de mes notifications

Et pourtant le square est assez plat qui mène aux savoirs.

Ancêtres, j’ai besoin de rester à cette petite place,

Laissez-moi, s’il vous plaît, y rester !

J’espère perdre ma mère dans les rues chaudes.

Quand le jour ne se lèvera plus hors des réponses des immeubles

Où s’ancrent les cœurs que le crépuscule va épouser.

J’espère rester cloîtré dans les quartiers verdâtres

Sur lesquels suintent les rosées de minuit,

J’espère m’éveiller d’un grand réveil du haut de petits buissons sans fruits,

J’espère rester en léthargie

Dès qu’ici claque le tonnerre des nègres

Et que la forêt

Dans une flaque d’algues

Comme une navette flottante

Ingurgite hors la ville leurs capitaines blancs…

Ancêtres, j’espère rester dans ma tête,

Laissez-moi, s’il vous plaît, y rester.

Je dis que, peut-être, un grand blanc en sortira.

Pour que nous restions différents

Des dames des campagnes

Des dames des campagnes et de mauvaise vie.

Car elles, elles espèrent

Rester comme je raconte

Des dames des campagnes,

Des vieilles et mauvaises filles.

Je n’aime pas rester loin de ma case

Où sont les boutiques vides

Que vide un ciel blême autant que ma peau blême.

Je n’aime pas le moment où le soleil aigri

Chante tout fort au-dessus des mahoganys tout droits,

Ne pas entendre ce que montre en plein jour

Le visage clair d’une jeune qui dit en mâchant un chewing-gum

Les aventures de Kim et de Kayny,

Et bien d’autres choses encore

Qui sont dans les smartphones.

Les nègres, vous le savez, n’ont pas assez travaillé.

Pourquoi faut-il, de plus, leur apprendre dans des livres

Qui leur parlent de choses qui sont de chez eux ?

Et puis elle est vraiment trop belle, leur connaissance,

Joyeuse comme ces dames des campagnes,

Ces vieilles filles,

Qui continuent de glander la journée au soleil à son zénith,

Qui connaissent bien comment courir dans leurs hauts talons,

« Qui ne savent plus conter les contes aux veillées. »

Ancêtres, j’espère rester cloîtrée dans ma confortable case de vie !

😦 ? (voir page suivante)

Senbòl bòbòl ?

Un court-métrage documentaire du compte YouTube « 7rochelle » , sur les utilisations contemporaines des symboles Adinkra dans l’art africain et dans la diaspora africaine. Cette catégorie de signes est réputée comme provenant des peuples Akan (Afrique de l’Ouest). Ce reportage est intéressant par la question qu’il peut donner à se poser sur le « glissement » du sens que l’on accorde aux signes en fonction des contextes historiques.

Graphisme & politique

Les groupes politiques usent et parfois abusent largement de la communication visuelle pour atteindre leurs publics. Mais, contrairement à ce que dit l’auteur Zvonimir Novak, dans cette entrevue réalisée en 2016, dans un monde où le divertissement fait loi, et dans les pays comme la Guadeloupe où l’illettrisme est très répandu, l’efficacité est elle toujours au rendez-vous dans les graphismes et par les méthodes de communication traditionnelles ?

Post anti-colonial ?

Je vis avec un monde où les sorciers en maîtres préparent l’envahissement d’autres planètes consommables.
Et nous nous disons dans une aire post-coloniale.

Je vis sous une nation où les révoltes colorées prévalent, parce que les médias le veulent bien, alors que les révoltes en version originale sont toujours entre noirs et blancs.
Et nous nous disons dans une aire post-coloniale.

Je vis par un pays où une stratégie de sous-développement personnel de masse, qui ne dit pas son nom, s’exécute sans que le peuple qui le subit le sache.
Et nous nous disons dans une aire post-coloniale.

Je vis dans une petite ville sans autre lumière que celle de l’espoir des urnes (électorales et funéraires).
Et nous nous disons dans une aire post-coloniale.

Il y a longtemps que je ne vis ni ne survis plus. Je ne suis plus le seul à me croire seul…

Je sous-vis. Pulses ions, sang Gui, nerf…

À défaut j’assouvis mes pouces… À Sion, sans Guinée…?

 

Luk… (07/05/2019, 23h10)

Catastrophes surnaturelles & histoire à s’éveiller couché

Dans nos sociétés dites modernes, l’imaginaire nous apparait souvent comme un espace d’évasion. Mais nous oublions qu’il est aussi nourrit de réalités sur lesquelles nous n’avons que très peu de prises, la plupart du temps. En le surélevant à travers le culte de ses modes d’expressions, nous nous soumettons, une fois de plus, à l’entrave d’un totalitarisme intellectuel.

Les représentations que nous avons de la reconnaissance brillent tellement à nos yeux que nous finissons très souvent par leur vouer une adoration. Et là où il pourrait y avoir transmission de connaissances, il ne demeure presque toujours que du divertissement. Ce dernier mot a la même racine étymologique que le mot « diversion ». Lorsque nous l’avons sû, nous l’oublions facilement…

Croire en nos propres cauchemars devient jouissif. Et pour penser à nos rêves nous nous sentons obligés de le faire avec obséquiosité face à une pression globale, toute aussi immatérielle, mais qui est bien réelle.

Dans cet halo de tourments nous sommes prisonniers. Et nous en avons de moins en moins conscience. Nous vivons nos vies comme les figurants d’un film qu’on nous a dit  » important ». Les plus « prometteurs » sont vite happés par les scénaristes en chef et promis à des seconds rôles voire des premiers rôles de choix… Mais quel que soit les enjeux de l’histoire en question, nous mourrons tous à la fin.

Ainsi, la nature n’a jamais produit de catastrophes. Puisqu’elle ne joue pas un rôle, elle. Les misères sont dans nos coeurs, parce que nous les y plaçons par peur, et le plus souvent, par ignorance. Et c’est plutôt pour rationnaliser nos frustrations que nous lui assignons volontier un mauvais rôle.
La catastrophe s’est bien de nous croire en dehors ou au-dessus de la nature. Et quand bien même il pourrait y avoir un soupçon de véracité dans cette dernière idée, le simple constat de la masse d’énergie que demande de s’éloigner du milieu naturel d’où nous émergeons prouve qu’il s’agit là plus d’un désir contagieux qu’une réalité inébranlable.

Mais voilà, cette maladie des imaginaires est tenace. Car les « boites à idées » sont subventionnées.

Le courage, lui, ne l’est pas… C’est devenu un conte trop vieux, car pas assez rentable. Mais il en reste un peu. Pour le voir il faut fermer les yeux et marcher à pieds dans les cendres chaudes de son brasier.

Là où les esprits enclavés ne le chercheront plus, il repoussera, en corps et encore.