English, Illustrations

For a Caribean graphic design

  1. In 1999 first of all, also visible on my website lukgama.com, « Chyen blan-la » is the first story I created myself. Between 1997 and 1998, as part of my study project, I had already produced a traditional tale featuring « Konpè Moustik é Konpè Chyen ». It was only seen by my family, the school of art and the jury of diploma. On this subject my main objective has been the « graphic emancipation » of the classical illustrations visible in the books and a visual rapprochement towards a form more faithful to the « natural » expression of a tale said. The small 1-minute film of the following year was presented to the general public (at Port-Louis) for a work considered – a priori – as « art. » The ideological roots of an original design are already growing.
  2. A few months before the passage to the year 2000, I conceive the model of the work of the first edition of the month of the documentary film. I introduce into it illustrations of the beginnings of my instinctive graphic productions which already preceded the work on the tale. These are circular signs, equated with traces of dogs’ paws by some at the time, but being in fact graphic representations of the 7 main rhythms of the Gwo-ka music.
  3. Later in 2009, I launched the concept « Mounsinéma, sinema a moun isi or cinema of the people of here » (cinema and arts-graphic parties dedicated to local creation). In this event, I begin to use the first conceptual tools detected 10 years earlier in the graphics of the visuals of the event.
  4. Then in 2012, interestingly, in the midst of several proposals of images that I had given during my candidacy to the AACDD (African and African Design Diaspora) which takes place in London, it is the animation « Chyen blan (Which I had not even mentioned or presented) that was chosen by the staff of this event as the main presentation of my work and as an illustration of the « ABSENT ART » event in which I would participate.
  5. In 2015, I finally decided to present my first solo exhibition, « Asi chimen … pou bout« , at the municipal library of Port-Louis. Here too, I deliver another part of my work through a project of creating pictograms always based on the same guidelines.
  6. Then in 2016, on the basis of an original creation entitled « Kè Péyi« , made especially for the occasion, I am selected by the National Gallery of Jamaica to participate in « DIGITAL« , its first international collective exhibition dedicated to digital art. Always according to the same concept, visually this production presented was based on a choice of formatting using a loop of animated images starting from the rhythmic structure of the famous boulagèl of evenings of traditional local funeral watches.
  7. The same year, in the N ° 2 of the online journal Lespwisavann, I give an excerpt from my point of view on the world of the image, with an article entitled « Imaj é lidé adan on péyi Karayib or vision on the existence of visual-graphic arts in Guadeloupe « .

To summarize, the nerve center of my research is in the visual perception of the artistic, ideological and intellectual contents present in all the traditional manifestations of our Guadeloupean culture. For that, I rely on the ones I like and on what I can show …

Like the musicians of the « Kako » movement, which I think are the closest to the artistic preoccupations I am talking about here, I invite more Caribbean visual artists, particularly, to embrace this virtuous and invigorating creative path …

Article first posted online July 5, 2016 / Cliquez ici pour lire la version française

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Présentation

Kenn on zo !

La peur de la faim et la fin de la peur sont des sentiments qui traversent nos questionnements sans cesse depuis très longtemps. On pourrait dire que l’un nous tient au ventre, tandis que l’autre nous prend la tête. Ne pas réussir à combler nos désirs et notre incompréhension de la mort sont les graines du doute qui fendille notre carcasse de certitudes, lorsqu’elles germent.

Si quelques temps après ce qui a été nommé la révolution cubaine, il y a eu des affiches montrant des assiettes vides posées ça et là en Guadeloupe (dans les années 1960) pour intimider les velléités indépendantistes locales, c’est plus tard (les années 1980) et plus largement que cette stratégie de communication par la peur de la faim s’est développée, notamment, par la multitude de reportages sur les enfants mourants de faim dans le continent africain et en Ethiopie en particulier. Je me souviens de cette litanie d’images et de gros plans réguliers, qui ne pouvaient être que très marquantes pour un jeune adolescent de l’époque que j’étais.

De nos jours, l’image donnée à l’Éthiopie ne tient plus ce rôle. C’est celle donnée à Haïti qui domine les esprits, après chaque grand bouleversement politique ou écologique qu’elle traverse. À cela on peut aussi rajouter les images de migrants divers, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes désirant se rendre en Europe ou en Amérique du Nord quelqu’en soit le prix…

La constante subliminale est toujours la même : « estimons-nous heureux de l’état de développement de « notre » société à nous »… Cet « os »intellectuel agité subtilement, mais dès que nécessaire (périodes électorales, votes de lois liberticides, camouflage d’enquêtes judiciaires envers certaines personnalités, déclarations de guerres…), nous n’en finissons pas de le ronger. Sa texture faussement spirituelle agit sur nos neurones comme un anti stress. Au sens où, plutôt que d’enclencher une stratégie de recherche véritable de solutions aux problèmes constatés, nous préférons nous dépêcher de nous rassurer de la distance qui nous en sépare physiquement ou culturellement.

Et nos diverses prothèses identitaires médiatico-égotiques n’en finissent pas de s’aiguiser en ligne dans leurs bains de réseaux sociaux du soir. Ainsi, l’image de la mort passe du petit enfant trop maigre à celle de l’ado-presque-barbu(e)-voilé(e)-hystérique, finit sa course par un formulaire à remplir (une pétition par ci,  un questionnaire par là, une inscription de ci de là…) et continue de rythmer les cycles du battement de cils de nos imaginaires…

Aussi, chaque année un peu plus retranchés dans les pensées avec lesquelles on nous habille, nous nous camouflons. Aujourd’hui, nous sommes tous plus que jamais obnubilés par le contrôle de l’image que nous donnons de nous aux autres.  Et dans ce triste désert iconographique constitué de tous nos grains de beauté et de folies, la maladive propension à l’accaparement, ce « vieux » vent qui nous traverse, nous détourne souvent des endroits vers où tourner nos regards. Les rivages de l’entendement finissent par nous paraître « trop » éloignées ou  trop « dangereux ».

Comment entrevoir, voir d’autres images ? Pour quoi voir ? Quand chercher ? Où puiser ?

Autant de questions que je ne me pose plus vraiment et qui sont à la fois à des années lumières des préoccupations d’une grande partie des gens et alors que, selon moi et d’autres…, au centre de nos vies. Et dans notre monde monétaire, les bars à silence (qui n’en ont pas encore le nom) deviennent les lieux de prédilection de tous ceux qui sont fatigués de voir.

De même que notre corps physique à besoin de fermer les yeux pour se reposer de toutes les lumières qui l’ont traversés lorsqu’éveillé, notre corps mental voire spirituel à lui aussi besoin de repos, de siestes et de sommeils…

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Guadeloupéen, Illustrations

Pou piti timoun an nou épi pitit a yo (sidyévé, kon nou ka di), an komansé mété déwò ti istwa kout zò ké pé gadé-suiv èvè zanfan a zòt anlè tablèt oben si ismatfonn a zòt.

Adan sé ti istwa lasa, sa ki ké déwoulé dèyè koko-zyé a zòt, sé « poézi-a-zékal » a on konpè souda an désiné. Mannyè i yé, sa i ka fè épi sa i ké fè-w vwè toujou an fil a travay an zimaj-é-lidé an ka bouré é an ja palé asi-y-la pli bonnè anlè jounal-anlign-anmwen-lasa. Zò pé aboné zòt an ti-istwa-la pou sé épizòd-la ka vini-la tonbé an mél a zòt san fòsé. Zò pé ba-y on fòs osi  (on sèl jou oben pa mwa) pou ban mwen plis balan ankò mwen kontinyé chimen lasa :

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Rété kliké, kliké-gadé, gadé-vwè… pou tandé !

Poézi a zékal

En passant
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Making-off & making on

En continuité avec les idées de ce journal en ligne que je tiens et dans la suite des grandes lignes de concepts décrites dans l’article précédent, enfin, des histoires en images sont en bouture…

Après quelques années de gestation, mon premier roman graphique s’apprête à voir le jour. Dans la foulée, une autre histoire qui m’est venue aux doigts l’an dernier est en route pour passer aussi de l’écrit au dessin.

Pour en connaître les titres, voir les premiers croquis et savoir ce que ne sauront pas les lecteurs lambda, je vous propose de vous abonnez à ma page payante (dès 1 €) dédiée à ces créations et de me soutenir par la même occasion en devenant un de mes « patrons » en ligne…

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Illustrations

Pour un graphisme Caribéen

En 1998, j’ai obtenu un diplôme d’arts & technique en Martinique avec un projet basé sur une étude des contes « créoles ». La présentation que j’avais faite, très bien notée par le jury du moment, m’ouvrait l’opportunité de poursuivre mes études dans des instituts en Europe. Mais j’ai préféré retourner en Guadeloupe et « chercher du travail » comme on dit.

Je suis content de ce choix, au départ purement pragmatique. Car depuis, c’est avec passion et patience que j’ai pu continuer à me cultiver… sur les différentes formes d’expressions culturelles – dites traditionnelles – de mon propre pays.

Aujourd’hui, après un peu plus de 15 ans d’observations, d’apprentissages, d’introspection et d’expression, je constate que les fruits de la poussée créatrice que ce parcours aura engendré en moi, intéressent plus l’étranger que la Guadeloupe elle-même (?).

L’une des raisons que je trouve en cela me provient d’un constat personnel progressivement informé et détaillé par l’expérience du terrain culturel, d’un mécanisme de détournement perpétuel de notre créativité locale, au profit de formes expressives venant d’ailleurs. C’est un travail pensé, organisé et mis en œuvre par les différents services du pouvoir politique dominant, notamment ceux dédiés au renseignement et à la culture, depuis… toujours (pour la France, depuis au moins l’an 1635) ; mais aussi par une frange de la société guadeloupéenne qui s’est auto-proclamée « élite » car « autorisée » par le système et qui exprime, par les principaux médias qu’elle contrôle, une idéologie bâtarde qui s’appuie sur deux éléments principaux :

  • la déformation ou le dénigrement subtil et sournois de toute forme de référence à l’Afrique dite traditionnelle

et

  • la diffusion subliminale d’un message d’amour inconditionnel envers une forme de « matérialisme bourgeois » .

(?)

à suivre

Désormais partiellement démasqués, notamment à travers le projet « pharaonique » (ou plutôt de ti-fanfaron) du Memorial ACTe, ils seront combattus…

Ainsi en somme, comme nouvelle « auto-communication » publique, je vous livre ici 7 références supports, principaux éléments  de mon travail expérimental de recherche graphique, qui ont déjà été diffusées depuis le passage de mon diplôme dont je parle ci-dessus :

  1. En 1999 tout d’abord, visible aussi sur mon site internet lukgama.com, « Chyen blan-la » est le premier conte que j’ai créé moi-même. Entre 1997 et 1998, dans le cadre de mon projet d’étude, j’avais déjà réalisé un conte traditionnel mettant en scène « Konpè Moustik é Konpè Chyen ». Il n’aura été vu que par mon entourage familial, celui de l’école d’art et le jury de diplôme. Sur ce sujet, mon objectif principal a été « l’émancipation graphique » des illustrations classiques visibles dans les livres et un rapprochement visuel envers une forme plus fidèle à l’expression « naturelle » d’un conte dit. Le petit film d’1 minute de l’année suivante aura été pour moi l’objet d’une présentation au grand public (à Port-Louis) d’une œuvre considérée – a priori – comme étant « de l’art ». Les racines idéologiques d’un graphisme original poussent déjà depuis cela.
  2. Quelques mois avant le passage à l’an 2000, je conçois la maquette de l’ouvrage de la première édition du mois du film documentaire. J’y introduit en illustrations des prémices de mes productions graphiques instinctives qui précédaient déjà le travail sur le conte. Ce sont des signes circulaires, assimilés à des traces de pattes de chiens par certains à l’époque, mais étant en fait des représentations graphiques des 7 principaux rythmes de la musique Gwo-ka.
  3. Plus tard en 2009, je lance le concept « Mounsinéma, sinéma a moun isi ou le cinéma des gens d’ici » (soirées cinéma & arts-graphiques dédiées à la création locale). Dans cette manifestation, je commence à utiliser les premiers outils conceptuels décelés 10 ans plus tôt dans le graphisme des visuels de la manifestation.
  4. Ensuite en 2012, chose intéressante, au milieu de plusieurs propositions d’images que j’avais émises lors de ma candidature à l’A.A.C.D.D (African and African Design Diaspora) qui se déroule à Londres, c’est l’animation « Chyen blan-la » (que je n’avais même pas mentionnée ni présentée) qui aura été choisie par le staff de cette manifestation comme présentation principale de mon travail et comme illustration de l’événement « ABSENT ART » auquel je participerais.
  5. En 2015, je me décide enfin à présenter ma première exposition individuelle, « Asi chimen… pou bout », à la médiathèque municipale de Port-Louis. Là aussi, je livre un autre pan de mon travail à travers un projet de création de pictogrammes toujours basé sur les mêmes lignes directrices.
  6. Puis en 2016, sur la base d’une création originale intitulée « Kè Péyi » , faite spécialement pour l’occasion, je suis sélectionné par la National Gallery of Jamaïca pour participer à « DIGITAL » , sa première exposition collective internationale dédiée à l’art numérique. Toujours selon le même concept, visuellement cette production présentée se base sur un choix de mise en forme utilisant une boucle d’images animées à partir de la structure rythmique du fameux boulagèl des soirées de veillées mortuaires traditionnelles locales.
  7. La même année, dans le N°2 de la revue en ligne – Lespwisavann, je livre un extrait de mon point de vue sur le monde de l’image, avec un article intitulé « Imaj é lidé adan on péyi Karayib ou vision sur l’existence des arts-graphiques & visuels en Guadeloupe ».

Pour résumé, le centre névralgique de ma recherche se trouve dans la perception visuelle des contenus artistiques, idéologiques et intellectuels présents dans toutes les manifestations traditionnelles de notre culture guadeloupéenne. Pour cela, je m’appuie sur celles que j’affectionne et sur ce que je peux montrer…

À l’instar des artistes musiciens de la mouvance « Kako » qui correspondent à mes yeux, à l’heure actuelle, aux créatifs les plus proches des préoccupations artistiques que j’évoque ici, j’invite plus d’artistes visuels, caribéens en particulier, à embrasser ce chemin créatif vertueux et vivifiant…

An nou a-y, an nou a-y, an nou -ay ! Sé la sa ka ba-y !…

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La pensée graphique s’exprime et s’interprète diversement de par le monde, depuis toujours.

Voici une animation de présentation d’un projet final pour un cours de Design industriel/Communication visuelle pour l’université pontificale catholique de Rio de Janeiro (Brésil). Ce travail de Ricardo Artur Pereira Carvalho traite de l’interprétation des motifs de peinture de corps Asurini, enregistrées et décrites par l’anthropologue Regina Pollo Müller.

Cette illustration d’étude montre un exemple du degré de conceptualisation visuelle contenu dans la plupart des formes de cultures, dites traditionnelles, perçues souvent comme « sauvages » encore de nos jours…